Saint-Martin : le préfet met en garde contre une reconstruction dans les zones à risque

Plus d’un an après le cyclone Irma, le préfet de Guadeloupe a mis en garde vendredi contre la tentation de reconstruire dans des zones à risques à Saint-Martin et appelé à travailler à (une) évolution des moeurs.

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Saint-Martin : le préfet met en garde contre une reconstruction dans les zones à risque

« Pour un euro investi pour améliorer la résilience d’un bâtiment, c’est 7 euroséconomisés une fois le risque passé », a averti Philippe Gustin, également délégué interministériel à la reconstruction de Saint-Martin et Saint-Barthélemy.

« C’est une chose purement économique mais qu’il faut répéter en permanence parce que sinon le risque - et malheureusement, c’est ce qui est en train de se passer - c’est de reconstruire comme s’il ne s’était rien passé », a-t-il ajouté lors d’une conférence organisée par la Fédération française de l’assurance.

« Donc, on a aujourd’hui une impérieuse nécessité à, ensemble, travailler à cetteévolution des moeurs », a estimé M. Gustin qui a annoncé vouloir instaurer « une journée japonaise » en Guadeloupe, à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy afin notamment de prévenir la population sur les risques liés aux intempéries et de diffuser les bonnes pratiques en la matière.

« Ce qui était en 1999 difficile à faire accepter dans l’Aude, c’est à dire que les gens ne reconstruisent plus dans des endroits qui manifestement étaient (...) à risques répétés, aujourd’hui, je pense que c’est mûr », a-t-il poursuivi.

Mais « on n’en pas là à ce niveau-là à Saint-Martin, aux Antilles où le dernier cyclone c’était Luis, c’était il a 27 ans et la culture du risque avait complètement disparu », a-t-il déploré.

« Irma n’a été que le révélateur de dysfonctionnements qui préexistaient sur ce territoire » qui, « s’agissant des normes du droit del’urbanisme, avait fait à peu près n’importe quoi depuis de longues années », a dénoncé le préfet.

« La population de Saint-Martin a quadruplé entre 1982 et 2000, passant de 8.000 à 32.000 habitants, c’est le résultat d’une chose toute simple qui s’appelle la défiscalisation », a poursuivi le haut fonctionnaire. Il a rappelé le lancement de programmes immobiliers visant « une rentabilité maximale », construits avec « des matériaux extrêmement normaux » « sur des territoires où on aurait jamais dû construire ».

« Parmi les clients (d’assureurs, NDLR) qui ont été les plus vindicatifs, il s’agissait souvent de gens qui sont venus s’installer à Saint-Martin », a-t-il déclaré.

« On leur avait dit que c’était le paradis. Eh ben, non, c’était un enfer », a-t-il souligné.

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